Il y a peu, j’ai pris conscience que Savoirs en Partage était en train de devenir une pépinière, une pépinière pour projet de vie.

Concrétiser son projet de vie est essentiel pour s’accomplir. Je le sais bien et, parce que je suis coach de vie dans l’âme, je ressens une grande joie à chaque fois que j’encourage une personne à prendre son envol, à s’élancer sur son chemin personnel pour réaliser le projet de sa vie.

C’est devenu tellement important pour moi qu’après avoir accompagné mes clients avec mes beaux outils de conseillère de vie pendant plus de 10 ans, j’ai voulu lancer une mini-pépinière avec les ateliers « Savoirs en Partage ».

Et m’est apparue une raison qui explique pourquoi ces ateliers me sont si chers.

Trop loin de mon projet de vie

Récemment, j’ai vécu l’expérience de devoir suspendre mon activité professionnelle quelques jours. Le temps consacré à reprendre des forces suite à une maladie bénigne mais épuisante a suscité chez moi le besoin de mettre mon cerveau au repos : aucune envie de lire, ni de réfléchir,… juste celle de faire quelque chose de mes 10 doigts.

A ce moment là m’est revenu que, depuis toujours, en période de « crise », quelle qu’en soit l’origine, le travail manuel m’avait toujours été très salutaire. Il m’aidait à passer un cap. Enfant ou adolescente, lorsque j’en avais assez de réviser. Plus tard, à l’école d’ingénieur, quand j’étais saturée de sciences exactes.  Durant ma vie professionnelle, lorsqu’un gros dossier ne se signait pas assez vite ou même lorsqu’il ne se signait pas du tout… et que la tension ou la déception était trop forte.

A chaque fois, l’activité manuelle s’est révélée une précieuse alliée. Elle me permettait de m’extraire d’un contexte qui ne me convenait pas pour renouer avec une activité très concrète, de retrouver le calme et le plaisir de créer et aussi de partager. Eh oui, le travail de mes mains m’a plus d’une fois sauvée de situations délicates. Et je ne suis pas la première dans la famille !

Des mains porteuses de paix et d’amour

Je suis l’arrière petite fille d’une femme prénommée Hortensia. Entrée toute petite au couvent, elle n’en est sortie que pour se marier. Jeune veuve de la première guerre à la tête d’une ferme, bombardée et reconstruite par ses soins à deux reprises, elle s’est, toute sa vie durant,  donnée corps et âme au labeur : le labeur pour oublier le chagrin. Très pieuse, son plaisir consistait à broder de somptueuses nappes d’autel pour l’église de son village : broder l’apaisait.

Ensuite, je ne sais dire si ma grand-mère, Berthe, sa fille, était habile de ses mains. Je n’en suis pas certaine. Je crois que jeune elle préférait porter de belles toilettes plutôt que les confectionner. Mais tout de même, je l’ai vue jardiner par amour, divorcée qu’elle était d’un riche commerçant pour se  remarier à un paysan modeste mais incroyablement sage. Fille de fermière, partie de sa terre natale, elle avait fini par retourner travailler aux champs elle aussi. En paix.

Des mains pour un projet de vie

Maman, sa fille, Jeannette pour les rares intimes et Madame Nannarone pour tous les autres, a quant à elle, très tôt fait le choix de ressembler à sa grand-mère bien aimée : Hortensia avait un peu adouci sa vie de petite fille de famille très bourgeoise, austère, glaciale. Elle l’avait tout de même beaucoup imprégnée de rigueur et de sacrifice… C’était l’époque.

Ainsi Maman a développé le même goût prononcé que sa grand-mère pour le travail, le devoir et les économies. Je me souviens qu’elle me disait : « Quand je suis triste, je travaille ! » Et il est vrai qu’elle ne s’est jamais accordé de repos sauf quand le chagrin était trop fort. Ainsi, les journées n’étaient jamais assez longues. Quand il lui est enfin arrivé de délaisser tous ses ouvrages pour jouer, c’était pour ses petits enfants. Elle avait déjà plus de 65 ans.

C’est ainsi qu’elle a eu à cœur de fabriquer de ses mains, pour ses enfants et sa maison, tout ce qui lui était accessible. Dans les débuts, elle a appris seule la couture, le crochet, le tricot. Plus tard, elle s’est inscrite à des ateliers où des passionné.e.s enseignaient toutes sortes d’activités manuelles. Nous y voilà ! Ne serait-ce pas le début de l’histoire des ateliers Savoirs en Partage ?

Pas 1 mais 2 projets de vie

Au fil des ans, elle a pratiqué avec bonheur : couture, crochet, tricot, broderie, vannerie, tapisserie et plus tard  point de croix, boutis, patchwork, hardanger, broderie au ruban, encadrement, dentelle.

De  plus, elle a pris la bêche mais aussi le pinceau, le tournevis,.. puisque veuve à moins de 60 ans.

Ses ouvrages suscitaient immanquablement  l’admiration. On disait de Madame Nannarone  qu’elle avait des doigts d’or. Jeannette rendait hommage à sa chère grand-mère Hortensia. Elle n’avait pas, comme nombre des jeunes gens de son âge, pu poursuivre ses études : elle avait 16 ans en 1939. Ses études brillantes durement interrompues, elle a réorienté sa vie pour devenir une brodeuse hors pair : Maman si elle l’avait voulu, aurait pu rejoindre le monde des brodeuses d’Art. Mais elle a finalement choisi d’être avant tout une mère et une grand-mère accomplie.

De précieux apprentissages

Je suis fille de cette femme intelligente, courageuse et tellement habile.

Très tôt – j’avais tout au plus 5 ans, peut être 4, pour me garder près d’elle, elle a voulu m’apprendre ce qu’elle savait. Je réalise aujourd’hui plus encore, à quel point ces moments étaient un vrai bonheur pour toutes les deux. Maman avait tellement à cœur de me transmettre son savoir-faire à moi, sa fille. Et  j’avais vraiment plaisir à « travailler » de mes mains. Aussi et surtout, nous partagions des moments paisibles entre mère et fille. Pendant ces longues après-midi, Maman était heureuse. Et je l’étais aussi. Il n’y avait pas l’exigence et la rigidité tellement présentes chez elle.. Juste le plaisir d’œuvrer ensemble : satisfaite de mes réalisations, elle l’était plus encore quand je la dépassais par mon habileté. Nulle rivalité. Juste la bienveillance d’une mère.

A ses côtés, j’ai donc beaucoup appris : couture, crochet, broderie, vannerie, tapisserie et  point de croix, boutis,..  cartonnage,… Elle m’a transmis son goût pour le bel ouvrage fait main et l’envie de toujours apprendre.

De précieux souvenirs à transformer et à offrir à mon tour en partage.

Des trésors à faire revivre 

Maman est décédée. Il y a bientôt 3 ans déjà.

D’elle, j’ai voulu garder tout le matériel rassemblé au cours de sa vie : sa travailleuse, sa machine à coudre, achetée pour me la transmettre, ses fils à broder, ses livres de crochet, de broderie, de vannerie,.. et de nombreux ouvrages faits de ses mains..

Tout un matériel prêt à revivre, pour moi et d’autres. Et pour ma fille, Claire : nous avons prévu de coudre ensemble cette année, pour la première fois J

Il a fallu que je tombe malade, il y a quelques jours, et que mon cerveau en berne laisse la place à l’envie d’une activité toute manuelle.  Le temps est alors revenu d’ouvrir la travailleuse, les boites de fil,.. même si la nostalgie était bien là.

J’ai eu la chance de recevoir quelques beaux messages. J’ai trouvé parmi les laines à repriser d’antan toutes bleues, grises, beiges ou bien noires.. la laine nécessaire pour repriser mon beau pull jaune moutarde. Incroyable. J’ai aussi trouvé un fil d’or dans la travailleuse.

Oui, il est juste que la vie revienne et que soient partagés les petits trésors.

Et que d’autres trésors naissent à leur tour.

Projets de vie sobre et joyeuse

Eh oui, les femmes d’antan n’ont pas eu la vie facile. Pour nous, elle devient difficile d’une autre manière. Peut être est-il temps de renouer avec un certain style de vie hérité de nos mères, grands-mères et même arrières grands-mères ? Leur mode de vie sobre imposé, n’est-il pas souhaitable de le choisir « librement »?

Et si nous retrouvions la sagesse, la justesse d’usage pour nos bien et par exemple nos habits ?

Pourquoi pas réapprendre à repriser, allonger, élargir, raccourcir ce qui peut l’être ?

Et si nous ajustions nos vêtements à nos tailles, et les embellissions si besoin car c’est possible !

Pourquoi ne pas confectionner ce qui peut l’être en harmonie avec notre environnement ? Nos vêtements, nos produits de soin et de beauté, notre nourriture saine, …mais aussi tout ce qui est utile à notre vie.

Et si le choix de la sobriété joyeuse donnait l’opportunité à des passionné.e.s de partager leurs savoirs ?

 

Une pépinière pour trouver sa voie

Oui, je suis coach de vie dans l’âme. J’aime vraiment encourager, accompagner, révéler, partager, créer et le tout joyeusement. C’est mon projet de vie à moi !

Voilà pourquoi j’ai tellement de plaisir à lancer ces ateliers Savoirs en Partage :

Cuisine saine, Soins bio pour moi et ma maison,  Couture, crochet et broderie récup,.. quelques ateliers pour commencer qui contribuent à développer la créativité des animatrices. D’autres initiatives ne manqueront pas de fleurir.

Autant d’occasions de faciliter des expériences et de commencer à concrétiser des projets de vie en devenir. D’autres belles idées ?  Il y en aura surement !

Bienvenue aux passionné.e.s qui cherchent leur projet de vie et un lieu pour le couver.

Pour connaitre les dates des ateliers Savoirs en Partages, vous pouvez consulter la page :

https://marianneflorimond.fr/prochains-evenements/

Pour en savoir plus sur Savoirs en Partage, vous pouvez lire l’article :

https://marianneflorimond.com/savoirs-en-partage-une-equipe-de-passionnes/

Mon Blog

intuition et raison
Raison et intuition

Raison et intuition

Ou comment les femmes raisonnables négligent leur intuition   L’éducation que nous recevons, à la maison et à l’école, puis à l’université voire dans les grandes écoles, le monde de l’entreprise et même la « société » nous plongent « naturellement » dans le...

X