Le sens de ma vie

par | Fév 15, 2018 | blog | 0 commentaires

Es tu à ta place ?

Je me revois, il y a 10 ans déjà.

J’étais ingénieur commercial et avais mon bureau au 24ème étage d’une tour de Paris la Défense.

Cette question du sens, de loin en loin, sous le coup du stress, de la fatigue ou bien lorsque mes affaires marchaient moins bien, je me la posais : étais-je bien à ma place dans cette grande entreprise ?  Certes, j’y trouvais quelques avantages : je côtoyais des personnes intéressantes, mon travail était varié, j’avais la liberté de le mener comme je l’entendais et je gagnais bien ma vie. Il y avait aussi quelques inconvénients majeurs : avec les années, le stress grandissait et l’intérêt du travail diminuait beaucoup.

Mais quel est donc ton but dans la vie ?

Je me revois, une après-midi, lors d’une pause café bien méritée, demandant à une collègue et amie si elle avait un but dans la vie. Après un long silence, je l’entendis me répondre l’air étonné :

– « Eh bien, oui, je vends des projets informatiques chez mon client… »

– « Oui, je sais mais ce dont je te parle c’est plutôt : quel est le but de ton but ? »

– ….

Nous sommes restées toutes les deux décontenancées : elle, parce qu’elle ne comprenait pas ma question et moi, pour la même raison.

C’est à ce moment là que j’ai senti qu’un décalage sérieux s’installait entre nous : j’avais pris du recul. Je commençais à changer sérieusement…

 

Allo ? Ici l’appel intérieur ! Y’a quelqu’un ?

Peut être était ce plus facile pour moi si je puis dire. Je venais de traverser une rude épreuve et du coup, je ne voyais plus la vie tout à fait de la même façon.

Entre deux pensées orientées travail se glissaient par ci par là des questions, des doutes et les réponses associées :

– « Es tu sûre que tu vas pouvoir tenir le coup encore longtemps ? »

– « Non, je crois que je vais devenir folle ! »

– « Ne trouves tu pas ta vie un peu inutile ? »

– « Si, tout à fait ! Mais ma retraite ? »

-« T’en n’as pas assez de cette pression débile ? »

– …

-« Franchement, t’as pas mieux à faire ? »

–  » Si ! Mais quoi ? »

Bref, un dialogue intérieur assez dérangeant pour ma vie bien organisée s’installait. Son volume sonore a augmenté jusqu’au jour où j’ai fini par l’écouter vraiment.

En fait, je le savais depuis le début

Oui, c’est vrai qu’un an après avoir été embauchée dans cette prestigieuse société, j’avais déjà des envies d’ouvrir une crêperie à Collioure ! Quelques années plus tard, je voulais devenir libraire à Paris puis ouvrir un salon de thé littéraire… Je n’avais pas eu de vocation. Donc , l’envie de quitter me reprenait régulièrement…. mais du courage pour partir, je n’en avais guère.

Je ne savais tout simplement pas comment m’y prendre et, sans aucun doute, je ne me posais la question ni assez fort ni assez bien.

Compétences ou Talents ?

Comment donc ai-je fait pour rester presque 25 ans dans la même entreprise ?

Eh bien, j’avais quelques talents : le sens des relations, la pugnacité, le goût du bel ouvrage, d’apprendre et de vendre de belles solutions à mes clients …

Et j’ai dû développer des compétences : je détestais faire des calculs et pourtant j’en ai fait des propositions commerciales sous Excel !

De la reconnaissance ou bien du sens ?

Mais voilà : tout cela était certes utile mais quand je me suis vraiment posé la question du sens… je n’ai pas trouvé la réponse.

Au début de ma carrière, réussir des affaires me convenait. Puis est venu un moment où ça n’a plus suffi.

Jeune, j’étais en quête d’une certaine reconnaissance. Je l’avais obtenue. Mais le but du but m’échappait : le domaine d’activité de mes clients ne m’inspirait sûrement pas assez. Les banques… c’était feutré mais un peu trop froid pour moi.

Et finalement, tant mieux : je me suis posé la question du sens de ma vie plus en profondeur !

Prête pour un grand saut ?

Un jour, le changement, petit ou grand, s’impose de lui-même. A travers une opportunité, un problème voire même un drame.

Personnellement, je n’étais pas prête à faire le grand saut. Du coup, il a fallu que la vie frappe un bon coup pour que je me dise que je n’avais plus le choix… La maladie et la mort ont changé mon regard pour de bon. Mon moteur pour le travail s’est arrêté et il m’a été impossible malgré beaucoup d’efforts de le remettre en marche.

Il y avait moins de place pour la peur. Je n’avais plus le choix.

Je me suis rappelée avoir été bluffée par un coach et c’est ainsi qu’un jour je me suis inscrite à ma première formation pour emprunter la voie correspondante.

Le sens c’est quoi ? Mes talents au service de mes valeurs !

Quand la vie nous bouscule, elle nous invite à reconsidérer nos priorités. J’ai revu la copie de ma vie. Grand bien m’en a pris.

J’ai adopté cette devise de Kevin Cavanaugh* qui dit que pour s’accomplir il suffit de mettre ses talents au service de ses valeurs. C’est tout simple, non ? 😉 Bon, je vous l’accorde pas tout à fait… Mais, quand on se met en marche, on commence à sentir que l’étau se relâche et de l’air frais s’engouffre. Et comme ça fait du bien !Ensuite, en cherchant ou bien  en trouvant la personne qui peut vous accompagner, le chemin se dessine.

Cheminez et passez un peu de votre temps précieux à mettre votre vie en cohérence avec qui vous êtes dans le fond.

  • Découvrez dans quels domaines vous excellez : vos talents, vos passions.
  • Prenez le temps de penser à ce qui compte le plus pour vous : vos valeurs

Il n’est jamais trop tard.

Mais le plus tôt est peut être le mieux ? 😉

* Kevin Cavanaugh dans son ouvrage « Leadership from inside out »

 

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